La réception
Je fus invité dernièrement à un banquet, une sorte de rencontre entre différents acteurs des médias dans un manoir des plus impressionnants. Pas moins de 60 pièces si lon en croyait le propriétaire. Bien que simple journaliste dans un canard satyrique, javais toujours le don de minviter dans les fêtes les plus hypes de la jet set locale. Si javais quelque peu de mépris pour ces gens-là et ce type dévénement, il fallait avouer que lon y mangeait plutôt bien et la perspective de rencontrer quelques nymphettes du show-biz nous poussait, mon collègue Jazz -comme aimait à se faire appeler cet écrivain dont tout le monde parlerait très prochainement, du moins cest ce quil me répétait sans cesse
- et moi-même, à franchir la sécurité, de manière frontale ou détournée
Et voilà justement quaprès quelques coupes de vins et discussions amusantes avec mes ennemis déclarés japercevais Julie M., photographe correspondante au Proche-Orient, fort charmante dans son tailleur noir, avec ses longs cheveux dun blond châtain, sa taille très fine, ses doigts aquilins et délicats
Ses yeux sombres lui donnaient le regard rêveur dune artiste autant que le caractère de la femme engagée politiquement. Elle était surtout connue pour être la petite amie du présentateur dune chaîne télé locale, un sale type à la réputation sulfureuse, et riche de surcroît. Sa société, dont le vice-président nétait autre que le propriétaire de cette modeste demeure, produisait beaucoup de ces jeux de télé réalité innommables qui polluaient les ondes depuis bien une dizaine dannées désormais. Le couple faisait la une des magazines, beaucoup pensaient que cela ne durerait pas. A certains de dire quelle nétait pas assez plantureuse, sophistiquée
A dautre comme moi de penser quelle avait beaucoup trop de classe pour lui, elle qui de plus navait jamais croisé un scalpel de chirurgien de sa vie.
Il me semblait avoir vu son déchet de copain justement se promener peu avant avec un modèle dont javais oublié le nom. Jobservais la jolie Julie, assise seule à la table. Elle avait lair quelque peu préoccupée. Lalcool me montant tendrement aux joues, je saisis deux coupes de champagne ; « Cest loccasion rêvée », me dis-je. Mais avant que je naie pu faire le moindre mouvement, elle se leva dun air décidé et sorti prestement de la salle, se dirigeant vers le gigantesque escalier double du hall. Jazz, occupé à se faire passer pour le lauréat du dernier prix Goncourt auprès dune demi-douzaine de mannequins étrangères, me regarda dun air amusé. Sans me laisser abattre, je sortis rapidement de la pièce pour rattraper la frêle petite fée qui semblait flotter au-dessus des escaliers. Elle sengouffra dans un couloir sombre du 3e étage, je la suivais à distance raisonnable dun air désinvolte. Ce château désert me paraissait de plus en plus grand. La jeune artiste passa devant une chambre, sarrêta soudain, lair paralysée. Elle écouta à la porte. Elle finit par observer par le trou de la serrure.
Elle frémit. Instantanément, mon instinct naturel de journaliste éméché minforma de ce qui était en train de se passer. Laffaire semblait mal partie, je mattendais à la voir faire irruption dans la pièce dun moment à lautre, criant au scandale. Pourtant elle restait ainsi à genoux, ne pouvant détourner son regard du sombre orifice. Cela dura un petit moment, durant lequel jentrepris de compter les morceaux de cristal du lustre illuminant létage de manière fantomatique.
Quand je regardai à nouveau, sa main remontait lentement le long de sa chemise. Ma gorge se dessécha dun coup ; ses doigts glissaient lentement, passèrent entre les boutons, les firent sauter un à un de manière élégante. Elle ne portait pas de sous-vêtements. Sa main passa de manière légère sur un sein, puis lautre. Sa poitrine, fine, semblait très ferme. Ses petits tétons semblaient appeler les caresses de ma langue.
Tapi dans lobscurité, derrière une colonne (mais doù sortaient-ils tout cet argent ?), jobservais la jeune nymphe jalouse, tandis que sa main descendait lentement le long de son ventre, se faufilait sous sa jupe. Ainsi à quatre pattes, le regard toujours accroché à la porte, elle remuait lentement, remontait puis redescendait sa croupe, allait et venait avec son bras. Elle se mit à respirer de manière audible. Je percevais dans le même temps des cris beaucoup plus prononcés provenant de lintérieur la pièce.
Elle cambrait maintenant, frottait son visage contre la poignée de la porte en un geste de soumission, la léchait presque. Mon érection se faisait de plus en plus forte. Je voyais maintenant trois options qui se profilaient devant moi.
Premièrement, ce genre de photos volées par téléphone portable se négociait facilement en centaines de milliers deuros.
Jaurais également pu à mon tour me laisser aller à lonanisme. Je regardais dailleurs amusé si une jeune demoiselle nétait pas en train de mépier quelques mètres derrière.
Finalement je choisis ce qui correspondait le plus à mes convictions.
Lentement, pour ne pas leffaroucher, je mapprochai de la demoiselle. Je pouvais, sous le coin remonté de sa jupe, apercevoir sa main glissée sous un string noir, ses doigts agiles samusant entre ses lèvres humides de manière élégante. Comme apprivoisant un animal, je lui caressai lentement le dos. La jeune fille sursauta légèrement, tournant la tête. Je lui lançai un grand sourire, lui offrant une coupe de champagne, comme si de rien nétait.
« Trinquons ! »
Au lieu de la gifle attendue, jeus droit à un petit rire surpris. De sa main libre, elle me repoussa en arrière, me faisant mallonger sur lépais tapis. Dans sa lancée, elle me grimpa dessus, telle une panthère, fixant sa proie avec gourmandise. Elle enfila sa main sous ma ceinture, glissant sur la longueur de mon sexe. Puis tirant sur la boucle, elle ouvrit mon pantalon et me prit en main, tandis quavec lautre main toujours fourrée dans sa petite chatte délicate elle me fit pénétrer au plus profond de son âtre chaud. Ainsi assise sur moi, elle releva la tête et se mit à me chevaucher de manière très sensuelle, débridant par la même occasion son côté sauvage. Sans hésiter, elle se mit à crier, de plus en plus fort, tandis quelle sempalait sur mon organe gonflé de plaisir. Bien quun peu surpris, je la laissai faire à sa guise et en profitai pour lui mordiller ses tétons, les lécher, soupesant ses seins qui tenaient agréablement dans la main. Sa peau était douce, légèrement sucrée. La penchant vers larrière, jy versai ma coupe de champagne pour mieux boire sur son ventre lonéreux nectar.
Relevant la petite coquine, je lappuyai contre une colonne, relevai sa cuisse et la lui donnai de plus belle. Agrippée à mon dos, me mordant le cou, elle se laissa faire. Sa forte respiration, juste dans mon oreille, me fit tressaillir.
Jentendis la porte souvrir à la volée derrière moi, mais ne réagis pas outre mesure, trop occupé que jétais à labourer lobjet de mes fantasmes. Cette dernière eut un rire étrange, un peu dément, et je compris que son regard venait celui de son petit ami et de sa maîtresse éphémère. Puis plus un bruit, ils avaient dû descendre précipitamment. Pas pour longtemps, me dis-je.
Et tandis que javais retourné la gazelle et éjaculais maintenant longuement entre ses petites fesses, jentendis des bruits de pas précipités. Cet orgasme était fort agréable, je ne pouvais malheureusement my abandonner. Jembrassai ma partenaire essoufflée sur la joue, avant de fuir par la chambre, maccrochant à un rideau pour redescendre.
Je ne sais plus très bien comment je me tirai finalement de cette histoire. Jappris plus tard par les journaux leur rupture précipité, mais aucune allusion à un quelconque «mystérieux bienfaiteur de la nuit ». Je ne peux pour ma part mempêcher de rêver encore à cet instant furtif où, enlacés contre cette colonne de marbre froid, dans lintimité de la nuit, nous jouissions à lunisson.
Devrais-je la recontacter ?